Le récent avis de la Commission Européenne sur le projet de loi d'ouverture à la concurrence des jeux et paris sur Internet a suscité de nouveaux débats. La presse a relaté avec beaucoup d'intérêt les détails de ce sujet.
Les premières réactions sont assez différentes. Les journalistes regardent les demandes faites par la Commission Européenne d'une manière plutôt négative. Ils ont souligné à plusieurs reprises le fait que l'exécutif européen reprochait à la France l'absence de respect des lois communautaires.
Le Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, M. Eric Woerth a adopté une vision totalement différente. Il s'est déclaré satisfait de la position de la Commission Européenne. Il déclarait le 8 juin dans un communiqué de presse: "Comme c'est le cas lors de toute transmission d'un projet de loi à la Commission européenne, celle-ci fait état d'un certain nombre d'observations et demandes de précision. Ces dernières ne portent que sur 3 articles (sur 58)."
Si le ministre reste optimiste, les opérateurs ne voient pas d'un bon œil les doutes de Bruxelles. Il ne s'agit pas d'un non-accord avec les demandes de la Commission Européenne, mais de la crainte que les modifications demandées à la France pourraient retarder "de 3 à 4 mois" l'ouverture du marché. C'est l'opinion de Dominique Desseigne, président du conseil de surveillance du casinotier Lucien Barrière.
Desseigne a déclaré le 10 juin dans une conférence de presse: "Je crois que ce qui vient d'arriver va encore reculer de quelque temps. Je dirais trois ou quatre mois de retard au moins." Il y a tout lieu de croire.