La CFMJ (Commission fédérale des maisons de jeu) et l’OFJ (Office fédéral de la justice de la Suisse) ont commandé
une étude sur les jeux de hasard et d'argent. Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 juin sur le site
officiel de la CFMJ. L'institution qui a réalisé cette étude (le BASS) s'est appuyée principalement sur les résultats
d’un questionnaire envoyé à 375 institutions psychosociales.
L'étude "Les jeux de hasard et la pathologie du jeu en Suisse" a eu pour but de dévoiler la situation en matière de jeu pathologique et d’offre de jeu. Voici les principaux résultats de l'étude menée par le bureau BASS:
· le jeu sur les machines à sous est celui qui est le plus souvent à l’origine de problèmes.
· les résultats de l'étude confirment les estimations déjà existantes, à savoir que le nombre de personnes souffrant de pathologie du jeu se situe entre 35.000 et 48.000.
· un joueur compulsif engendre des coûts sociaux de 3000 francs par année.
· mais le jeu compulsif produit un bénéfice économique supérieur aux coûts qu’il engendre. Les chiffres démontrent que le nombre de joueurs excessifs est resté sensiblement le même au cours de ces dernières années.
· en faisant une comparaison, le jeu compulsif représente un coût par année et par personne similaire à celui du tabac mais demeure nettement inférieur à celui de l'alcool.
Ces résultats vont être utilisés pour la mise en place d'une meilleure prévention de la dépendance au jeu dans les casinos suisses. Les experts jugent que les programmes de mesures sociales mis en place dans les casinos sont encourageants. Mais, il y a encore des mesures qui doivent être appliquées, telles que:
· les casinos doivent faire appel aux spécialistes dans le domaine de la pathologie du jeu pour assurer la formation et le perfectionnement de leur personnel dans la détection précoce des joueurs susceptibles de devenir dépendants. Le personnel des maisons de jeu utilise déjà des listes de contrôle et d'observation du comportement des joueurs. De plus, le personnel des casinos est instruit sur la manière d'aborder la clientèle jugée problématique.
· les casinos doivent rendre accessible à leur clientèle des informations concernant les risques du jeu, des questionnaires d'auto-évaluation ainsi que des adresses de centres de consultation et de groupes d'entraide.
· les casinos doivent interdire l'accès aux jeux aux personnes de moins de 18 ans. Les casinos doivent mettre en place un système informatisé de contrôle d'accès, comprenant la liste des personnes interdites et des personnes exclues.
· l'exclusion d'une personne est prononcée pour une durée d'une année au minimum et ne peut être levée qu'après l'examen de la situation financière et psychologique du joueur. Une exclusion émise par un casino est appliquée à toutes les maisons de jeu suisses. En cas de non-respect de la mesure d'exclusion, le joueur va recevoir une sanction pénale pouvant aller jusqu'à une amende de 500.000 francs ou à l'arrêt.
La CFMJ reçoit chaque année un rapport rédigé par les maisons de jeu suisses, où elles tiennent à jour le recensement des données relatives à leur programme de mesures sociales. Les résultats de ces rapports sont complétés aussi par les résultats des enquêtes menées par la CFMJ elle-même.